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Arthur Rimbaud

 

La poésie passionnée du jeune Rimbaud. L’image même d’une jeunesse enflammée. J’aime sa fougue, sa subtilité, son élégance poétique en même temps qu’innovante. J’aime ce talent qui tentait d’atteindre un horizon de perfection, cette longue recherche évolutive entre les premiers poèmes (Le dormeur du Val, ou Ma Bohème, par exemple, jusqu’à Aube, extrait du sublime Illuminations). Il représente, pour moi, la figure de l’ambitieuse jeunesse, à la recherche de la lumière, et du prodige éclair et talentueux. Il incarne le décalage, la liberté, la découverte, l’ailleurs, l‘enfant brutalement inspiréIl est à jamais l’adolescence éternelle, le poète de génie, mort dans les esprits comme tel, pour toujours dans le printemps de l’âge et la poésie.

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Biographie

Très tôt, Arthur Rimbaud, né en 1854 à Charleville, développe un don précoce pour la poésie. Écrivant son premier poème à l’âge de treize ans, il remporte l’année suivante le Prix du Concours Académique. En 1870, il fait la rencontre de Georges Izambard, alors professeur de son lycée. Il découvre avec lui la poésie parnassienne. Mais l’invasion prussienne précipite les événements. Rimbaud fugue vers Paris et, dans l’espoir d’être publié au sein du journal des Parnassiens, il expédie à Paul Demeny sa ‘Lettre du Voyant’. C’est finalement Verlaine qui l’accueille, bouleversé par la modernité de sa poésie. S’ensuit une relation tumultueuse qui conduit les deux poètes à une fugue anglaise. Leur amitié prend fin lorsque Verlaine manque de tuer Rimbaud d’un coup de pistolet. Par la suite, Rimbaud mène une existence vagabonde, tout en rédigeant les célèbres ‘Illuminations’ et ‘Une saison en Enfer’. Il voyage en Hollande, à Chypre pour se diriger vers l’Abyssinie où, renonçant à la poésie, il devient trafiquant d’armes. En 1885, il souffre d’une tumeur au genou. Rentrant amputé en Europe, Arthur Rimbaud s’éteint.

 

Biographie prise sur Evene.

 

 

Poésies

 

Ophélie

I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand Lys,
Flotte très lentement, couvhée en ses longs voiles…
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourrus, enfant, par un fleuve emporté !
- C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

C’est que la vois des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l’Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 

 

Ma Bohème

Je m’en aillais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! Que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique avait  un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était la grande Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !



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